Pathologies préoccupantes en Afrique et santé personnalisée

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TROIS GROUPES DE PATHOLOGIES PRÉOCCUPANTES SUR LE CONTINENT AFRICAIN

La spécificité de l’événement réside dans la rencontre de deux axes.  Le premier axe est formé  de groupes de pathologies particulièrement préoccupante pour l’Afrique.  Les participants de l’événement sont donc appelés à se pencher sur les questions: 1-hypertension artérielle et diabète; 2-cancer; 3-maladies infectieuses (paludisme, tuberculose et HIV). Le deuxième axe propose trois angles d’approches émergents caractéristiques de l’action de santé personnalisée: 1-Pharmacothérapies différenciée en fonction du génome ; 2-Soins différenciés en fonction du genre ; 3-Approches interdisciplinaires et de santé publique.

 

TROIS THÈMES ÉMERGENTS: PHARMACOGÉNÉTIQUE, GENRE ET INTERDISCIPLINARITÉ

L’ensemble des acteurs de l’événement (animateurs, participants, sponsors, etc.) est emmené à réfléchir à la rencontre des deux axes. Quelles voies préventives et thérapeutiques nouvelles pour une action africaine en santé “personnalisée”, ouverte aux besoins de différenciations qu’entraînent l’objectif d’adaptation au caractéristiques génomiques, de genre et d’appartenance géographiques/culturelles des personnes et des groupes?

 

PREMIER THÈME: l’urgence du médicament adapté, impact de la pharmacogénomique

Pendant des décennies, nous avons cru qu’un médicament efficace le serait pour tous. L’avancée fulgurante de la recherche en pharmacogénomique vient renverser cette croyance. La science est claire: l’effet d’une molécule varie trop fréquemment en fonction du génome pour qu’on continue de l’ignorer.  Les développements de la pharmacogénomique révolutionnent donc les façons de prescrire et de penser le médicament. Par exemple, si Européens, Américains et Africains réagissent différemment à une même molécule, que valent des essais cliniques venus d’ailleurs?

La recherche récente révèle que de multiplies complications de santé pourraient être évitées par l’arrivée du médicament adapté. En même temps, cette prise de consciente réduit le risque de scandale pharmaceutique lié à la méconnaissance courante des possibilités de réactions adverses liées au gène. Enfin, le tout renforce l’arsenal thérapeutique. Lorsque le diagnostic et le traitements deviennent guidés par des cibles moléculaires, lorsqu’ils ne sont plus seulement tributaires d’effets empiriques, ils atteignent des sommets de précision vertigineux.  Face au cancer, par exemple, l’arsenal thérapeutique s’enrichit de nouveaux types de traitements tels que l’immunothérapie et les thérapies ciblées. L’Afrique scientifique n’échappe pas au devoir d’adaptation, qui prend alors une résonance particulière:  production des données scientifiques propre au génome du continent, dialogue et concertations avec les puissances pharmaceutiques locales, identification des dispositifs thérapeutiques récents, mais à technologie frugale, etc.

 

DEUXIÈME THÈME: une prise de conscience mondiale de l’impact du genre

Les avancées rapides de la pharma-cogénomiquemettent en évidence une donnée probante incontournable: une différence dans le mécanisme d’action des molécules en fonction de l’ADN masculin ou féminin. Des études révèlent que 25 à 30% des médicaments du marché appelleraient des pharmacothérapies adaptées au genre, d’où le développement de l’énorme nouveau marché du médicament adapté. Partout sur la planète, des campagnes de sensibi-lisation prennent actuellement place, rappelant l’urgence d’approches préventives et de soins conscientes de la sous-représentation des femmes dans les travaux de recherche et du manque de sensibilisation à leurs risques propres. L’actuelle campagne canadienne de la Fondation des maladies du coeur et de l’AVC  [vidéo]  en est un bon exemple.  On y rappelle par exemple que :

« Les œillères idéologiques axées sur le sexe et le genre ont causé la mort prématurée de trop de femmes. Les maladies du cœur et de l’AVC sont les premières causes de décès prématuré chez les femmes au pays [Canada]. Les preuves sont indéniables : les femmes sont sous-représentées dans les travaux de recherche, leurs affections sont mal diagnostiquées et traitées, elles reçoivent un faible soutien et elles ne sont pas suffisamment sensibilités à leurs risques. » 

Paradoxalement, c’est l’avancée scientifique qui oblige à rompre avec l’habitude occidentale très ancienne de considérer la femme comme un sous-groupe de l’universel masculin. Il s’agit maintenant d’aider une importante moitié de l’humanité à accéder à l’égalité en santé… et donc réaliser que cette égalité suppose désormais l’adaptation des approches et thérapies aux caractéristiques génomiques différentes de ce groupe.

 

TROISIÈME THÈME:  l’urgence de la coopération “inter” en santé publique

Si le thème de la médecine personnalisée a su rallier les membres de l’Association internationale et interdisciplinaire sur la chaînes des médicaments (AIICM), association axée sur le principe d’une santé mieux gérée parce qu’ouverte à une pluralité de points de vue savants, c’est que ce thème n’est pas réductible à la dimension que préfère tel ou tel groupe spécialisé. D’ailleurs, le mouvement de l’action personnalisée en santé est comparable à un iceberg: on n’en voit facilement que l’infime partie,  sa fondation submergée étant si vaste en profondeur qu’elle rallie à la racine une foule d’éléments éloignés en surface. L’important est de garder en tête que, en raison de ses ferments critiques nombreux, elle est levier de changement social en santé: elle introduit un grain de sable dans les rouages d’une reproduction à l’identique des ornières de pouvoir inhérentes au marché mondial du médicament et des soins.

 

L’action de santé de dernier cri est “personnalisée”… mais encore?  Le thème de la médecine personnalisée, en tant que médecine des “4P”, est en fait l’expression de la révolution que suppose chacun de ses “4P” (participative, préventive, personnalisée, de précision). Chaque “p” apporte une réponse à une anomalie ou à un problème connus des théories et pratiques standard de la biomédecine et devant lesquelles cette dernière n’apporte pas de réponse.  Chacun de ces “p” constitue le réflexe contraire à chacun de ceux qui font l’objet d’une critique.  Par exemple, le nouveau standard de “Participation”  aide les communautés de la santé à sortir du réflexe de l’asymétrie positionnelle entre les acteurs de la santé et le patient. Le nouveau standard de “Prévention” aide à sortir du réflexe ancré du curatif: il rappelle qu’il vaut mieux prévenir que guérir à toutes ces populations savantes à qui on a enseigné que l’action ne commence qu’avec le diagnostif.  Le nouveau standard de la “personnalisation”  aide à sortir des réflexes du générique, notamment du médicament générique (blockbusters): la science nous le rappelle, devant un même diagnostique, une même approche thérapeutique ne vaut pas pour tous et toutes et  il est temps de l’intégrer.  Etc.

 

Ce nouvel idéal du médecin, qui aurait certainement plus à Hippocrate, enseigne à penser autrement la santé et le mieux-être du patient:  une approche non plus concurrente mais solidaire des savoirs. Or, notons-le à double trait: ce changement de paradigme suppose toujours la collaboration “inter”. Lorsque la santé pour tous devient véritablement un objectif mondial, il devient un objectif. Même la responsabilité de l’action adéquate devient collective:  elle n’est plus la responsabilité seule de la médecine, mais de tous les savoirs pouvant contribuer de quelque façon. Seule l’intégration véritable des implication de “l’inter”— interdisciplinarité, intersectionnalité, interprofessionnalité—permet de sortir des traditionnelles logiques de concurrence et du traditionnel quant à soit disciplinaire.

 

 

This content has been updated on 16 December 2018 at 13 h 44 min.